En 1997 paraissait le premier Rapport sur l’homophobie de notre association, trois ans après la création de la ligne d’écoute. Depuis, chaque année, cet ouvrage recense et analyse les témoignages qui nous sont quotidiennement adressés via nos dispositifs d’écoute. En 2020, le document prend le nom de Rapport sur les LGBTIphobies dans le but de mieux représenter la diversité des personnes concernées et des thématiques abordées.
Les données statistiques issues de ces prises de contact sont classées dans plusieurs thématiques (agressions physiques, discriminations au travail, en famille, mal de vivre, etc.), et analysées par nos bénévoles. Le Rapport sur les LGBTIphobies constitue une référence qui permet de présenter chaque année l'évolution des discriminations LGBTIphobes en France. C’est le principal support militant de l’association pour donner la parole aux victimes et attirer l’attention des institutions politiques.
SOS homophobie publie en ce 11 mai 2026 la 30ᵉ édition de son rapport annuel afin de dresser un état des lieux des violences, discriminations et obstacles auxquels sont confrontées les personnes lesbiennes, gays, bies, trans et intersexes en France. À partir des vécus des personnes qui ont témoigné auprès d’elle, mais aussi de son analyse de l’actualité et des évolutions politiques et sociales, SOS homophobie constate un climat politique et social réactionnaire qui ne cesse de prendre pour cible les personnes LGBTI. Le mal de vivre suscité par la banalisation des discours de haine renforce les dynamiques d’exclusion subies par les personnes LGBTI et brise le tissu social. Par ce rapport, l’association souligne la nécessité de remettre au centre de l’espace politique et social les vécus des personnes LGBTI et la lutte contre les discriminations.
ÉDITO
SOS homophobie faisait en 2025 un bilan sombre à propos des LGBTIphobies, en lançant l’alerte sur la montée de courants réactionnaires et conservateurs véhiculant une parole hostile de plus en plus décomplexée, cautionnant ainsi des violences et discriminations répercutées dans la société. Force est de constater qu’en 2026, cette alerte est toujours de mise, redoublée par un climat de plus en plus anxiogène et délétère. Ce sont 1 771 cas de LGBTIphobies qui se trouvent répertoriés dans le présent Rapport annuel de SOS homophobie - soit davantage de cas qu’en 2024, alors même que ces chiffres ne sont évidemment pas exhaustifs : derrière les témoignages qui affluent sur nos dispositifs d’écoute, combien de personnes taisent leur souffrance, par peur ou par résignation ? Car si les LGBTIphobies ne sont encore que trop présentes dans notre société, elles sont aussi plus insidieuses que jamais : certes, les agressions physiques et verbales, indéniables, représentent cette année encore une part considérable des témoignages reçus - mais les violences et les discriminations sont surtout présentes au quotidien, là où on tente de ne pas les voir, dans la famille, le voisinage, les lieux publics, au travail, dans les médias… Elles sont partout et prennent mille visages - souvent les plus retors. Personne ne peut nier la violence du harcèlement qu’a subi Caroline Grandjean-Paccoud, cette enseignante qui s’est suicidée le 1er septembre 2025.
Pourtant, les médias, le gouvernement et l’opinion publique ne nomment pas la lesbophobie qui a caractérisé ce harcèlement. Ce qu’on ne nomme pas n’existe pas. Il faut nommer la lesbophobie. Certain·es ont fait grand cas des « accusations » qui désignaient Brigitte Macron comme une femme trans. Pourtant, la mécanique transphobe qui s’y dissimulait a à peine été dénoncée. Il faut nommer la transphobie. Certain·es ont tenté - et tentent toujours - les stratégies les plus odieuses pour glisser de la lutte contre l’homophobie à la promotion de l’homonationalisme. Cette instrumentalisation n’est qu’une façon de maquiller l’homophobie à des fins politiques, mais ne permet en rien de s’en débarrasser. Il faut nommer l’homophobie. Il faut les nommer et y adjoindre la biphobie, l’intersexophobie et toutes les violences et discriminations liées aux orientations amoureuses et sexuelles et aux identités de genre qui, encore trop invisibilisées, ne disparaîtront pas tant qu’elles ne sont pas pleinement perçues au sein de la société. Ce sont contre ces LGBTIphobies que les bénévoles de SOS homophobie œuvrent chaque jour, au soutien des victimes, à la prévention en milieux scolaires et professionnels, au plaidoyer pour l’égalité. Pour que chacun·e puisse, dans la société, vivre et aimer librement.
Julia Torlet Présidente et porte-parole de SOS homophobie
Les gens ne s'imaginent pas le poids des mots.
Marcel, victime d'homophobie sur son lieu de travail
Retrouvez le dossier de presse du rapport 2026
Le vigile a dû me raccompagner chez moi pour s'assurer que les hommes qui m'avaient menacées et insultées de "Gouine" ne me suivaient pas.
Erena, lesbienne, la trentaine
Nos précédents rapports
Rapport sur les LGBTIphobies 2025
Rapport sur les LGBTIphobies 2024
Rapport sur les LGBTIphobies 2023
Rapport sur les LGBTIphobies 2022
Rapport sur les LGBTIphobies 2021
Rapport sur les LGBTIphobies 2020
Rapport sur l'homophobie 2019
Rapport sur l'homophobie 2018
Rapport sur l'homophobie 2017
Rapport sur l'homophobie 2016
Rapport sur l'homophobie 2015
Rapport sur l'homophobie 2014
Rapport sur l'homophobie 2013
Rapport sur l'homophobie 2012
Rapport sur l'homophobie 2011
Rapport sur l'homophobie 2010
Rapport sur l'homophobie 2009
Rapport sur l'homophobie 2008
Rapport sur l'homophobie 2007
Rapport sur l'homophobie 2006
Rapport sur l'homophobie 2005
Rapport sur l'homophobie 2004
Rapport sur l'homophobie 2003
Rapport sur l'homophobie 2002
Rapport sur l'homophobie 2001